Sur cette rubrique je vous présente différentes pièces bijoux et par la suite quelques explications sur cette partie de l'artisanat de kabylie. La première partie de cette rubrique avec les photos de bijoux, et la description des bijoux, j'ai pu la réaliser grâce à Salim qui a eu la gentillesse de prendre des photos lors de la fête du bijou à At Yanni, fête qui a eu lieu du 27 juillet au 3 août 2006. Tanmirt attas, merci beaucoup Salim. |  | Tavzimt
En argent émaillé, 22 cm de circonférence, elle fait partie des bijoux composant la parure traditionnelle des femmes de Grande kabylie.
Dans beaucoup de régions, c'est le bijou que le mari achète à la naissance d'un garçon, c'est dire le prestige de cet objet. Elle se porte sur la poitrine , mais aussi sur la tête fixée sur l'amendil, notamment quand la tavzmint est de plus petite taille.
Eudel rapporte une chronique qui ajoute à l'importance de la tabzimt : Au XVI eme siècle, les Ath yanni ( beni yenni ) faisaient partie du célèbre royaume de Koukou , Koukou est dans la tribu des ath yahia, qui n'est séparée des ath yanni que par la tribu des ath menguellate, fondée dans le djurdjura par Ahmed El-Qadi, ancien magistrat chassé de Vgayeth ( bougie ) lors de la prise de cette ville par les Espagnoles.
Ce royaume... fut en guerre avec celui de la Qualâa des beni abbes où régnait le sultan Abd-El Aziz... Cette guerre dura plus d'un siècle et à une certaine époque, les sujets du sultan de koukou vainquirent les beni abbes.
Une famille de cette tribu alors renommée pour l'habileté de ses ouvriers armuriers et bijoutiers, fut ramenée prisonnière chez les at yanni...
C'est à cette époque que les femmes des ath yanni portérent en signe de joie le bijou grand comme une médaille devenu la Tabzimt. Légende ou histoire, la Tabzimt reste un bijou particulièrement glorieux tant par l'usage ( la naissance d'un garçon ) que par son poids. Aujourd'hui, ne se fabrique que sur demande.
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| |  | Taassabit Diadème
Forme Berbère de Assaba , qui désigne aussi un diadème dans les villes. Haut de 16cm et long de 58 cm , composé de cinq plaques en argent émaillé, ornées de pendeloques et reliées entre elles par des anneaux et des demi-sphères.
Bijou très ancien et marqué d'une grande charge rituelle , symbole de l'alliance entre les familles, la mariée le porte le jour de son mariage ; c'est aussi un mot qui représente l'alliance entre les clans, les familles.
C'est ainsi qu'en cas de guerre entre tribus, la famille dont une des femmes a été mariée dans le camp adverse, donc qui a porté la taassabit, a droit à la protection de la tribu en guerre, elle est en dehors de la guerre. Cet usage, dont le premier rapporteur a été Ibn-khaldoun, est appelé l'assabah, l'alliance entre les tribus en cas de guerre.
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| |  | Amesluh, bracelet en argent.
Bracelet en argent émaillé , mesure 9 cm de haut ; se ferme à l'aide d'une charnière cachée par une plaquette émaillée.
On retrouve les éléments classiques du bijou kabyle : filigrane torsadé, calottes de métal, sertissures de corail.
Les femmes kabyles les portent toujours par paire et elles les gardent pour vaquer à leur occupations. Ils accompagnent la vie de la femme et on retrouve souvent leur évocation dans des chansons ou des poésies. |
| |  | Ensemble
On retrouve tavzmint, Taassabit, amesluh |
| |  | Grande fibule triangulaire en email cloisonné.
On retrouve comme dans l'appellation kabyle Tabzimut, les racines du mot arabe Bzima, qui veut dire boucle (racine zm: fermer).
Cette fibule triangulaire a 28 cm x 15 cm .
Elles se portent par deux, reliées par une chaîne qui soutient souvent un porte-talisman triangulaire en émail cloisonné aussi.
Comme la tabzimut, elle est travaillée sur les deux faces. Au recto, ornée de coraux et , au verso, uniquement un travail en émaux cloisonnés bleu et vert. La fixation des vêtements par les fibules se fait par l'ardillon sur lequel pivote un cercle presque fermé dans lequel on pince l'étoffe.
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| |  | Caravelle et coffres en argent.
La caravelle nécessite + ou - un mois de travail si plusieurs personnes s'affairent dessus. Les voiles sont en plaques d'argent.
Les coffres sont exclusivement en argent, pas de tissus à l'intérieur.
Ces pièces ne sont pas à vendre. |
| |  | | Pistolet en argent. |
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Femme kabyle, habillée d'une robe kabyle traditionnelle, avec la ceinture ou H'zam ( ensemble de fils de laine multicolores tressés et noués autour de la taille, munie de pompons aux extrémités).
Sur sa tête elle porte l'amendil (fichu kabyle), et sur l'amendil est fixée une petite tavzmint. Son cou arbore un joli collier, à son bras un bracelet (amesluh) et dans ses mains comme vous pouvez le voir une poterie kabyle.
Cette photo à elle seule représente différentes facettes de l'artisanat de kabylie, avec en toile de fond le Djurdjura.
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| |  | L'ARTISANAT DU BIJOU EN KABYLIE
La bijouterie qui a connu une période florissante dans les années 1970/1980, connaît actuellement de sérieux problèmes :
* coût excessif de la matière première ( argent et corail) entrant dans la fabrication du bijou, ce qui rend le bijou hors de prix.
Le nombre d'artisans inscrit au registre du commerce à l'époque était de 350 pour retomber actuellement à 29 !
L'artisanat du bijou en argent émaillé pourra redevenir en poste d'emploi dans notre région, si les pouvoirs publics continuent à oeuvrer en faveur de la prise en charge des contraintes qui pèse sur l'activité.
Dans ce but le comité organisateur, par le biais d'une journée d'études ayant pour thème "l'artisanat 1er pourvoyeur d'emplois", compte pouvoir contribuer au moins par une réflexion pour compléter au moins les efforts des différents acteurs du secteur.
Le 24 juillet 2006, par Yani
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| | L'ORFEVRERIE
Les bijoux kabyles souvent réalisés par des femmes, sont de véritables oeuvres d'art par la qualité du travail, la finesse des filigranes et l'agencement des couleurs des émaux et du corail. Des couleurs attrayantes, vert jaune, bleu et rouge, font la particularité des bijoux kabyles. Cette technique de l'émaillage fut introduite dans l'artisanat kabyle aux alentours du 15 ème siècle.
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| Parmi les bijoux de la femme Kabyle, nous retrouvons l'Ameslukh (un bracelet), l'Ikhelkhalen (chevilières) qui peuvent atteindre 13 centimètres de haut, le Taharabt qui est une petite fibule. La pièce maîtresse de la parure kabyle se trouve être le Tabzimt, une grande fibule ronde richement décorée et qui se porte sur la poitrine.
Moins porté de nos jours, le Tbessaht est un diadème qui ornait le front de la femme Kabyle.
Les Letrak sont des boucles de forme très ancienne.
Le Tigwedmatin sont des boucles pourvues de pendeloques.
Également de rigueur dans les cérémonies, la parure pectorale, comportant plusieurs éléments étagés, formée par un collier où sont retenus de multiples pendentifs, qui descendent parfois jusqu'à la taille et peuvent couvrir toute la poitrine. |  |
| | Un peu d'histoire
L'histoire du bijou Amazigh remonte à la préhistoire puisque l' on rencontre la bijouterie en argent dans tout le Maghreb ( Kabylie, Hoggar, Aurès, Tiznit, Djerba…).
Le bijou Kabyle et celui qui a le plus évolué grâce à un enrichissement progressif qui inclue au fur et à mesure d'autres formes et techniques comme celle du cloisonnement et de l'émaillage…
C'est au XVIème siècle que les At-Yanni faisant alors partie du célèbre Royaume de Koukou avait reçu une famille des Béni Abbès ( Bgayet ) (Bejaia). Celle-ci renommée pour l'habileté des ses ouvriers armurier et bijoutiers, fut amenée chez les At-Yanni où elle devint la souche du village des Ait Larbâa.
L'esprit inventif et les mains habiles des At-Yanni, aujourd'hui, sont renommés pour leur artisanat et surtout pour leur bijoux en argent qui sont des vrais merveilles.
Le bijou d'At-Yanni se caractérise par la présence d'émaux de couleurs différentes, bleu, verts et jaune qui forment un contraste attrayant avec le rouge vif du cabochon en corail qui sertit les pièces.
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