le lien n ° 13 ( mai, juin, juillet, août 2009)

Le lien bulletin trimestriel édité par l'association
Algérie France Amitié

Responsable de publication : Salah
Mise en page : Isabelle
Relecture : Salah


Algérie France Amitié
Maison de quartier de la Liberté
17, rue Laënnec
85000 La Roche-sur-Yon
E-mail : alfa.vendee@yahoo.fr
adhésion : 10 euros.

L'oeil de l'exilé 

L'œil de l'exilé, un journal créé en 2002, sous l'égide de la Maison des Journalistes
de Paris 6 ème (MJD), réalisé par et pour des journalistes francophones qui avaient
fui leur pays pour trouver asile et refuge en France.

Ce journal existait depuis 7 ans.
Ses chroniqueurs se voient obliger de ranger stylos, crayons et
micros dans les placards qui  ont peu de chances de se ré-ouvrir avant plusieurs mois.
L'œil de l'exilé était pour  certains journalistes le seul moyen d'expression.
La cause de cette cessation d'activité journalistique est due au fait que des subventions européennes allouées
mettent plusieurs années à parcourir la distance entre Bruxelles
et Paris et que l'état français qui jusqu'alors anticipait et palliait ces retards s'y refuse désormais.

Madame Danièle Ohayon, présidente de La Maison des Journalistes  nous  précise cependant que la MJD,
continue la distribution
de tickets repas et les titres de transports pour les résidents.
La professeure de français n'exerce plus que quatre jours au lieu de cinq et la présence de la psychologue a été divisée par deux.
Madame Ohayon espère qu'il n'y aura pas d'autres diminutions ou suppressions, et que la fermeture soit provisoire.

La situation financière de la MDJ est très délicate, ils sont sur le fil.
. Ils poursuivent l'hébergement des journalistes demandeurs d'asile, tant que les médias français les soutiennent,
ce qui est toujours le cas actuellement. Ils préparent un numéro spécial de «  l'œil de l'exilé » pour l'été.
Synthèse des propos de Mme Danièle Ohayon, présidente de la MJD et de Mr Philippe Spinau,
Directeur de la MJD. Pour en savoir plus  : http://www.maisondesjournalistes.org/         
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Alfa : du sang neuf et de la cohésion

Alfa a tenu le 24 avril son assemblée générale annuelle. Le temps de jeter un coup d'œil dans le rétroviseur.
L'assistance s'est réjouie du bilan d'activités présenté et des perspectives 2009/2010, année où
l'association va opérer un réel redéploiement au vu des projets figurant sur sa feuille de route.
             
Nous citerons la projection du film Mimzrane « La fille aux tresses »,
la Semaine Culturelle
franco kabyle avec la Maison de quartier la Liberté, l'accueil de la journée « Ass u mazigh » à la Roche-sur-Yon,
bien sûr sans oublier notre événement phare qui fait notre identité :  Yennayer, le Nouvel an berbère…2960 ( le 16 janvier 2010).

Du pain sur la planche mais de la motivation et  l'introduction de sang neuf dans les rangs
de l'association avec comme objectif principal le renforcement de la cohésion au sein de l'équipe dirigeante.
Cette équipe est forte de 11 membres , un conseil d'administration composé de : Nicole, Amar, Ghénima, Mouloud,
Isabelle, Ahmed, Kamel, Yves-marie, Patrick, Salah. Et d'un bureau composé de :

Salah Yataguène :  Président
Ghénima Saidj :  Co- présidente
Amar Amenouche :  Trésorier, Mouloud Chabane : Trésorier adjoint
Nicole Montlahuc: Secrétaire, Yves Marie Marionneau  : Secrétaire adjoint

L'équipe entamera son mandat avec une participation à la fête
du quartier de la Liberté et au pique-nique de l'amitié avant de vous souhaitez de bonnes vacances.
Salah
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Spectacle de Fellag

C'était le 20 mars 2009, une vraie journée printanière qui allait se clôturer par un rendez-vous attendu, le nouveau spectacle de Fellag, «  Tous les algériens sont des mécaniciens ».
Dès le début du spectacle nous sommes plongés « dans  le tamurt »
( le pays). Il nous manque les odeurs, mais le bruit ambiant c'est tout à fait cela.
Fellag, fait son apparition en tenue décontracte. Comme à son habitude il décrit l'Algérie à merveille .

Nouveauté, il est accompagné sur scène par une charmante femme Marianne  Epin, qui lui donne admirablement la réplique. Fellag évoque différents moments du quotidien d'une famille algérienne, là
c'est l'histoire de Salim qui occupait un poste d'intendant général dans un lycée
et de sa femme Shéhérazade qui était professeur de français. Faisant partie de la génération des algériens qui ont été formés en langue française, tous les deux se sont retrouvés au chômage suite à la loi sur l'arabisation de l'enseignement.

Il ne faut pas s'arrêter au titre mot pour mot, ( tous les algériens sont des mécaniciens)
et s'imaginer que tous les algériens ne font que de la mécanique auto, non non.
Fellag c'est plus subtile que ça !

Il a choisi la mécanique comme support, car c'est l'art  d'assembler pour que ça fonctionne
bien ,
n'oublions pas que l'Algérie est le pays de l'entraide, de l'art de se débrouiller avec les moyens du bord.

A la fin du spectacle, Fellag, s'est gentiment prêté à une séance photos et dédicaces,
et à quelques échanges de paroles avec entre autres quelques membres de l'association
ALFA ;  qui au  cours de ce temps fort lui ont offert  un cadeau symbolique et une invitation pour  yennayer 2960, en tant qu'invité d'honneur.
Ar timilit Mass Fellag ! ( à notre prochaine rencontre Monsieur Fellag)

Isabelle
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Artisanat : symbole du serpent

Le serpent  est constamment présent dans notre histoire mythologique et on en
rencontre de très nombreuses représentations dans les musées d'Alger.
Dans l'antiquité méditerranéenne où il occupe une place centrale, il était le signe de la résurrection et des morts.
Aussi, au cours des siècles, en trouve-t-on de nombreuses représentations chez les peuples berbères, rappelant ainsi des objets trouvés dans les dolmens ou les bazinas.

Dans les Aurès, il constitue les extrémités des anneaux de chevilles appelés KHALKHAL,
nom qui est en fait une onomatopée inspirée du bruit produit par les chevillières lorsque
la femme marche.

Ces anneaux sont aussi bien destinés à protéger des serpents bien réels aux abords des fontaines qu'à prévenir les hommes de l'arrivée des femmes et les inciter à quitter la place comme le veut la coutume.

En Kabylie, on en trouve également des représentations sur les citernes de réserve de grains, sur les portes des maisons des villages de montagne mais aussi en pendeloque appelée AQUARRU BUZRUM (la tête de serpent) ou en pendentif de plusieurs bijoux et en particulier de la TABZIMT (fibule ronde, pièce maîtresse de la parure de bijoux kabyles.
Le serpent est également au cœur du mythe du tissage, art d'importance culturelle dans la région.

La symbolique du serpent dans la mythologie berbère est traduite aujourd'hui encore par le fameux tapis ABBUDH  BUZRUM (le ventre du serpent) sensé
représenter la peau de l'animal que les femmes de l'Akfadou fabriquent toujours.

Quelle est la signification de ces représentations ?

Recherché pour lutter contre les mauvais génies, le serpent conserve cependant une certaine ambiguïté dans les contes kabyles car il apparaît sous deux aspects :

               
  •   Le serpent masculin ou AZREM comme signe de la puissance virile, mais solitaire.

  •   Le serpent au féminin, comme signe d'une féminité négative et destructrice, interprétation liée aux peurs et craintes suscitées par la femme et le sexe féminin.

                                D'après WASSILA TAMZALI, « Parures et bijoux des femmes d'Algérie »
Photo : Jarre kabyle avec symbole «  azrem » serpent.
                                                                                                                                                                  Nicole.
                                                                                                                                                     
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Kabylie : le coeur et la raison

Marielle Générat, une jeune étudiante de 22 ans, découvre pour la troisième fois la Kabylie dans le cadre d'un voyage privé. Au bout de ce périple qui en dit long : son ami Karim presque de même âge. La jeune vendéenne y revient à chaque fois avec une envie forte de retourner et d'y rester pour longtemps. « Le Lien » l'a rencontrée
autour d'un café et elle raconte…


Le Lien : Trois voyages de suite dans un pays où la sécurité n'est pas tout à fait au point, ça relèverait d'un défi ! Et pourquoi la Kabylie ?

Marielle: J'ai fait connaissance de Karim natif du village Ait-Abdelmoumen par l'intermédiaire d'un de ses amis que j'ai rencontré sur Internet. Après de nombreux échanges virtuels, je me suis décidée à partir seulement quelques mois après avoir fait sa connaissance.
Tizi-Ouzou m'étant bien connue de par le jumelage l'a liant à  la Roche-sur-Yon.
J'ai effectué ce voyage avec comme seule feuille de route : la connaissance d'un ami et la découverte d'une région .Je me suis jetée dans le bain de l'aventure sans aucun à priori

Le Lien: Pourtant vos voyages coïncidaient avec une période d'agitation terroriste plus particulièrement en Kabylie. Quelles appréhensions faisiez-vous alors ?

Marielle : A aucun moment j'ai pensé à tout ça. Je suis quelqu'un qui va jusqu'au bout de ses décisions, et qui ne se laisse pas influencer par les médias et notamment les informations « alarmistes ». Je savais que de l'autre côté de la rive je trouverai des êtres humains comme moi et qui affrontent d'autres types de problèmes que les nôtres en France
.
La vie dans ce pays m'a semblé très sereine, les gens sont simples et ont toujours le sourire (malgré la dureté de la vie notamment pour les jeunes). Les kabyles sont solidaires dans tout ce qui peut leur arriver et c'est ce qui fait leur force. Les personnes que j'ai rencontrées prennent la vie avec beaucoup de philosophie, la vie de groupe est pour beaucoup dans cette façon d'être.

J'ai été accueillis à bras ouverts, les gens vous adoptent très rapidement, ils vous font confiance et vous considèrent comme faisant partie de leur famille. C'est incroyable !

Le Lien: Ce qui vous a marqué le plus  ?

Marielle : L'hospitalité des gens de Tizi, la beauté des paysages et l'esprit d'ouverture de la population. Ils sont contents quand vous leur dites que vous êtes française, même si par ailleurs je passais presque inaperçue. Il est vrai que beaucoup de jeunes ont pour rêve de venir en France, les mots « partir » revient presque dans toutes les discussions que j'ai eues avec des jeunes de mon âge. Certains pour la mal vie et d'autres pour le goût du voyage et des perspectives d'études ou autres.


Le Lien : Peut-on avoir une idée de votre périple en Kabylie ?

Marielle : J'ai eu à visiter un peu la côte kabyle, de la citée romaine de Tigzirt-sur-mer  à  la plage de Cap-Djenet.
D'autre part j'ai particulièrement apprécié de me rendre dans la forêt de Yakouren,
près de la fontaine fraîche où j'ai pu donné à manger aux singes magots dans leur environnement naturel. De plus j'ai eu l'occasion d'aller à la fête du bijou à Ath-Yenni,
un petit village de montagne situé à 45 km de Tizi-Ouzou

Petit bémol : de par sa configuration de « cuvette » comme la surnomme ses résidents, la ville des Genets (Tizi-Ouzou) suffoque en été. Je me rappelle, on vivait calfeutré dans les chambres, rideaux baissés avec le climatiseur toute la journée, guettant la moindre goutte de fraîcheur, avec des températures oscillant entre 30 et 40 degrés.
Mais les gens sont habitués.

Le Lien : Votre ami kabyle ne jouissant pas de ce privilège de venir vous rendre visite en France comment voyez-vous l'avenir de cette relation ?

Marielle : Il est vrai que lui n'a pas cette chance de venir me voir compte tenu de l'obstacle d'obtention d'un visa (et contrairement a beaucoup d'autre jeunes, lui ne projette  pas de venir en France, ça n'est pas du tout un rêve pour lui, il  aime son pays et la vie qu'il se construit en Algérie), mais je comprends tout ça, c'est pourquoi en l'espace de deux ans je suis partie trois fois, pour entretenir nos liens (en attendant de l'accueillir chez moi).

Le Lien : A quand le prochain voyage ?

Marielle : Dès que j'aurais les moyens.  Mais j'espère vraiment pour bientôt… Inchallah       
Salah.

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 Association Algérie France Amitié (ALFA)


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