Le lien n° 14 septembre, octobre, novembre 2009 

Bulletin trimestriel édité par l'association
Algérie France Amitié ( ALFA)

Septembre, octobre, novembre 2009
N° 14

Responsable de publication : Salah
Mise en page : Isabelle
Relecture : Salah

Algérie France Amitié

Maison de quartier de la Liberté
17, rue Laënnec
85000 La Roche-sur-Yon

Email :
alfa.vendee@yahoo.fr
Tél : 06. 17. 48. 17. 73 

ETRE SOI AVEC LES AUTRES

Voici 10 ans nous posions nos valises à la Roche-sur-Yon, une ville amie de la Kabylie
d'où nous avons puisé nos racines, grandis à l'ombre des oliviers et des figuiers,
dans la dignité et la générosité connues aux kabyles. Sans chauvinisme nous le
disons et avec fierté nous l'assumons.

Nous sommes de ceux qui préfèrent se casser là où ils doivent se tordre.
Cet « atterrissage forcé » dans la cité napoléonienne, d'autres l'ont fait quelques années
avant nous mais la raison est la même pour tous.
« yiwan ouakaz igh yewthan » « C'est le même bâton qui nous a frappé »,
disait le célèbre poète Ait Menguellet Lounis dans sa chanson « Ardjou-yi » (attends-moi).
Nous avions fui l'intégrisme, cette hydre à plusieurs têtes, celle qui a privé l'Algérie de
ses  meilleurs enfants.

La plus part ont été  enfanté  dans la douleur par des mères que seules la bravoure et la résistance à toutes épreuves peuvent définir.
Le destin  et la coïncidence de l'histoire ont voulu que tous, nous habitions sur le quartier
  la … Liberté.
Au fait  celle pour laquelle des millions d'Algériens ont mené un combat au péril de leur vie. Depuis notre terre d'exil nous leur rendons un vibrant hommage et saluons la mémoire de ceux qui aujourd'hui, ne sont plus avec nous dans ce bas monde. La liste est longue.
Des Djaout, Boucebçi, Matoub, Yefsah,
Belkhenchir, Djahnine et autres…que Dieu ait leur âme.

Nous sommes restés nous-mêmes mais avec les autres. Au fil du temps et grâce à notre profonde conviction en la fraternité des Hommes,  on s'est refait une vie, nos enfants ont crée des passerelles avec leurs
homologues yonnais, grâce à l'école, au Centre de loisirs, à la Maison de quartier, démontrant en cela leur capacité d'ouverture et la preuve de leur gratitude pour ceux qui les ont reçus. Avec eux, nous avions communiqué dans nos cultures réciproques, dans nos valeurs  humaines, avec comme seul objectif : Le partage et l'aspiration à une amitié entre les peuples. Néanmoins, c'est le but que notre association ALFA poursuit depuis 10 ans. C'est par ce qu'il est juste et noble qu'il mérite d'être atteint. 

Salah. Photo montage : Isa


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HOMMAGE A FARID ACID

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LIBERTE : PARENTS ET ENFANTS UN BEL APRES MIDI EN COMMUN

Samedi 27 juin, à la Roche-sur-Yon, la place de la liberté s'est animée,  sous un beau soleil,
lors de la fête de quartier et de l'école Laënnec. Différentes activités étaient  proposées aux enfants. Pour la 5 ème année consécutive l'association Alfa  a été invitée.
Deux irréductibles berbères et une gauloise  habillée de falbalas de Kabylie, ont animé le
stand de leur association « Algérie France Amitié » .

Ils  ont proposé une exposition  de photos et documents sur le peuple berbère. Il y avait également  des extraits de poèmes et des citations.
Après les prestations des enfants, les familles ont volontiers participé au questionnaire
sur la France et l'Algérie.
Les échanges étaient sympas. Chaque participant s'est vu remettre une boisson fraîche
après la correction du questionnaire et ce quelque soit le résultat.
L'important étant de participer, de dialoguer. Alfa remercie les familles qui ont bien voulu
jouer et se creuser la tête, notamment pour les devinettes kabyles, ce malgré la chaleur.
A noter que Ghenima a fait dons de bons petits gâteaux algériens, qu'elle a confectionné
elle-même. Ces derniers  ont été vendu au profit de l' association «  Les lionceaux »
de l'école Laënnec.
                                                                                                                                                          Isabelle
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RETOUR EN ALGERIE : UNE PASSERELLE S'ERIGE

En mai dernier, des anciens appelés  d'Algérie, accompagnés de leurs épouses,
ont entrepris un voyage sur les lieux où ils ont servi pendant cette guerre.
Parmi eux, des gars du 30e dragons en poste à Souk-el-Tnine (Oranie) et
des « marsouins » du 26e BIMA basés à Béni-Saf.

La première impression qui frappe en arrivant dans ce pays est celle d'un
immense chantier
. Les habitations à étages sortent de terre comme des
champignons (le pays dénombre 35 millions d'habitants).
Le réseau routier est, en général, de bonne qualité ; des autoroutes en service,
d'autres en construction par les Chinois.
Oran compte un million d'habitants.

Les agglomérations ont grandi sous le double effet d'une démographie galopante
et d'une désertification des campagnes. Certaines villes sont relativement propres.
Ailleurs, les sacs poubelles bleus piquètent le paysage et les rues, s'accrochent
aux oliviers et aux figuiers de Barbarie.

La plage de Béni-Saf, une ville célèbre pour ses escaliers et sa pêche, n'est pas près d'obtenir le pavillon bleu de la propreté…
Béni-Saf, les cinq anciens de l'infanterie de marine retrouvent avec émotion des sites connus. Ils repèrent facilement les lieux où ils opéraient, tel le « château » perché sur
une hauteur. Cette bâtisse est désormais un musée de la guerre d'indépendance.
Un guide nous le fait visiter.

Rachgoun, sa plage, son îlot rocheux coiffé de son phare. La Tafna se fraie un
passage parmi les roseaux pour trouver ici son embouchure.

De l'ancienne ferme de Barrette-Nord, seule subsiste la tour entourée de murs sans toit.
Les anciennes propriétés européennes sont à l'abandon, c'est le cas de Siga, juchée sur
un piton comme un château cathare.

Là était  cantonné un bout d'escadron du 30e dragons en 1957 et 1958.
Subsiste encore le mur d'enceinte de la ferme, avec ses impacts de balles, la demeure orgueilleuse du colon espagnol, les cuves de vin de 260 hectolitres.
Dans la vallée de la Tafna, qui coule en contrebas, la vigne et les orangers ont disparu, remplacés par des cultures maraîchères de très bonne facture grâce à l'irrigation.
On replante pourtant de la vigne dans la région de d'El Maleh (Rio Salado) et d'Aïn-Temouchent, siège d'une wilaya (département). L'ancien douar de Souk-el-Tnine est désormais une ville. Par derrière l'ancien bordj, occupé par des gendarmes algériens, un moment d'émotion intense saisit les quatre anciens dragons du 2e escadron. Le grand hangar, où dormait la troupe, est toujours debout, ses tôles rouillées. Un bâtiment en dur forme un L avec le premier. Ici était le mess des sous-officiers.




Un coup au cœur, là c'était notre piaule, devenue un atelier de menuiserie..
Plus loin, un bâtiment recouvert de tuiles plates servait d'infirmerie.

Derrière l'ancienne école, où un appelé faisait la classe aux gosses musulmans, jouxte le local qui servait à la SAS. Nous avons l'impression de revenir cinquante ans en arrière.
Nous ne pouvons nous empêcher de descendre le raidillon qui conduit à la fontaine.
Nous avons l'air d'être en pèlerinage comme à Lourdes ! C'est que cette source à une histoire : le 14 juillet 1957 les fells ont fait sauter la motopompe qui alimentait le camp.
En face le douar de Sidi Hassaïne et son marabout.

Une longue litanie de dates, accouplées à des noms, est gravée dans la pierre du
monument aux Morts algérien planté sur la place principale. Cette évocation du souvenir nous interpelle sur l'ineptie de cette guerre.
Le lendemain, escapade dans le village où est né un Français-Algérien qui nous accompagne. Rencontre émouvante avec un ancien harki qui se souvient avec précision d'événements auxquels il a été intimement mêlé.
Accueil chaleureux. Nous buvons le thé ou le caoua accompagnés avec des pâtisseries.
On nous offre même le couscous, mais nous n'avons pas le temps.
Au pied du djebel Sofiane, une zone interdite pendant la guerre d'Algérie, le maraîchage a envahi la vallée et les serres ont remplacé les guitounes des soldats.

Arrivée à Honaïne, un petit port méditerranéen sur lequel se greffe la légende de Noé.
Les services de sécurité algériens, qui veillent sur nous journellement d'un regard attentif mais bon enfant, ont sérieusement renforcé leurs effectifs. Pourquoi ? La route escarpée qui déplie ses méandres bitumés au pied du djebel Tadjéra, crâne dénudé qui dresse sa falaise verticale côté mer, défile dans un paysage magnifique et boisé jusqu'à Souk-el-Arba, un douar abandonné avec ses mechtas écroulées. Nul doute que les autorités ne veulent prendre aucun risque avec les touristes.

Coucher à Ghazaouet (ex-Nemours). Sur l'entrée du port veillent les « deux frères », sentinelles rocheuses plantées là depuis des siècles.

Nédroma, au pied du djebel Fillaoucène, avec ses vieux remparts ocres d'où s'envolent
des nuées de martinets. Une vieille mosquée, des bains maures qui remontent au XIe siècle ; un musée du patrimoine fort bien tenu où on réhabilite la musique arabo-andalouse.
Magnia (anciennement Marnia) au pied de djebels arides où on a planté des oliviers.
Tlemcen, avec son marché aux couleurs bigarrées.

Un superbe complexe ludique vient d'être ouvert sur le plateau qui surplombe cette agglomération de
500 000 habitants chargée d'histoire, mais aux mœurs européanisées.
Détour par Remchi (Montagnac) où était basé le PC du 30e dragons.
La plaine est riche et abondamment cultivée.
Station dans les gorges de Béni Ourit où de majestueuses falaises ocres nous dominent
Le décor est d'une beauté sauvage. Après Aïn-Fezza, arrêt et visite des grottes de Béni Add aux superbes concrétions.
Site très fréquenté où les enfants des écoles se pressent en rangs serrés.
Les échanges avec les élèves sont très amicaux.
Il faut dire que tout le monde ici parle où comprend le français, appris à l'école. Les panneaux routiers, les enseignes des magasins, sont en arabe et dans notre langue.
La plaine de la Mékerra est couverte de céréales. La pluviométrie de cet hiver a été exceptionnelle après cinq années de mauvaises récoltes pour cause de sécheresse.

A Sidi-Bel-Abbès, autrefois temple de la Légion étrangère, nous rencontrons un prêtre vendéen, curé d'une poignée de fidèles. Ce prêtre apporte, avec son équipe,
une formation complémentaire à l'anglais et au français à un public nombreux.
Retour à Oran où nous sommes hébergés à l'Eden Palace, un hôtel de luxe avec vue
sur la mer. Le car nous hisse sur la colline de Santa-Cruz d'où la vue est imprenable.
Là, veille toujours la statue de Notre-Dame du Salut.


Nous avons rencontré une cinquantaine d'anciens Français d'Algérie natifs d'Oran
ou de sa région.
Nombreux sont ceux qui reviennent ici pour la première fois depuis leur exode forcé
en 1962. Certains sont reçus à bras ouverts par leurs anciens voisins arabes ;
d'autres traînent leur nostalgie ou leur amertume
d'avoir été « dupés » par la France. Quasiment partout, nous avons été accueillis
par des paroles de bienvenue et des mots tels que « vous êtes chez vous » chaleureux.

Décidément, la guerre d'Algérie est de l'histoire ancienne pour la population qui a,
nous semble-t-il, tourné la page depuis longtemps. Plus de 70 % des Algériens
n'étaient pas nés en 1962. Le grand problème de cette jeune nation réside dans
sa jeunesse désœuvrée qui vit de troc et de petits trafics. En définitive, l'Algérie est à redécouvrir par ceux qui ont
traîné leurs pataugas dans ce pays magnifique mais truffé de contrastes.
Notre guide, un Algérien ouvert et instruit, nous a lancé, en forme de conclusion :
« Vous êtes des bâtisseurs de passerelles ». Mon Dieu ! que le mot est juste…

Par Roger Albert.
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PIQUE NIQUE DE L'AMITIE

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